霧雨 [bruine]

Tout le jardin est gâché, —

Et les souvenirs des heures passées,

Des après-midi à lire.

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Jean-Christophe Fischer, ou l’écriture d’une humanité douloureuse.

Avant tout autre chose, ce sont des visages. La peinture de Jean-Christophe Fischer est celle de visages, de leurs violences et de leurs souffrances. Il fut un temps où cette violence vous assaillait, brutalement et sans havre possible. Aujourd’hui, si les visages semblent apaisés, débarrassés de leurs oripeaux de noirceurs et ténèbres, le trouble persiste. Il ne saurait y avoir de quiétude ; et si leur vue nous est plus facile, parée des atours d’un art religieux dont la tradition préserverait de tout outrage, il n’est pas plus aisé de soutenir leur regard.

Au Moyen Âge, un fond d’or, image de la Cité de Dieu, entourait les visages de saint. Chez Jean-Christophe Fischer, ils surgissent d’un fond noir. Critique d’une Église étatique que ces cardinaux, magnifiés de leurs plus beaux apparats, derniers vestiges de dignité, portent d’une dernière arrogance ?, ou dernier feu d’un Occident où Dieu serait mort et qui sait qu’aucun salut, aucune béatitude n’y est plus possible ? Seule subsisterait alors une spiritualité désincarnée et sans rémission. Ainsi ces cardinaux, ces moines et belles madones nous regardent-ils avec une douceur d’où ne saurait être démêlée la souffrance, de la foi, d’une spiritualité qui sait que le paradis n’existe pas, que seuls nous restent les tourments d’une damnation, humaine.

Images, donc, de martyrs que Jean-Christophe Fischer n’hésite pas à violenter, mortifier, et dont, dans un dernier élan sacrificiel, il scarifie les visages, des blessures desquelles réapparaît cet or perdu. Et ce n’est qu’ainsi, réaffirmant une spiritualité originelle débarrassée des facilités et lâchetés d’une religiosité factice, libre d’une tradition picturale qu’il sut faire sienne dans ses richesses et sa critique, que l’artiste, ayant vaincu nos derniers arguments, apaisé les troubles de nos entendements contemporains d’où n’apparaissaient que la vacuité d’une absence d’âme, nous saisit dans un appel, sublime, pour ce qu’il y a de sacré en nous.

http://www.jean-christophe-fischer.com/category/1-peintures-1

Encore un peu de patience

Il faut se rendre à l’évidence, je pouvais argüer de contraintes professionnelles, ou familiales, mais avec plus de six mois de retard, je dois admettre que mon texte me pose quelques difficultés.

Je pensais que cette forme libre, de notes, imitant un journal, m’éviterait les contraintes d’une construction romanesques ; elle m’en apporta bien d’autres, chaque texte pouvant assez facilement être déplacé, et par cela le plan perpétuellement remodelé.

Ainsi, dans la version d’août dernier, si le début des deux premières parties me plaisait assez, il en était tout autre de leur fin qui s’éternisait quelque peu.

Après bien des attentes, je pense avoir réussi un équilibre acceptable entre mes multiples fragments, et j’espère finir le premier volume, d’environ 120 pages, pour le 1er avril. J’ai essayé par ailleurs d’adoucir la rigueur de ma préciosité.